Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'"Affaire Omar Raddad".
«En 1894 on condamnait un jeune officier parce qu’il avait le seul tort d'être juif ; en 1994 on condamnait un jeune jardinier qui avait lâchement tué une femme âgée sans défense. En 1906 Alfred DREYFUS fut réhabilité alors que Omar RADDAD est un condamné définitif. Un était innocent, l'autre est coupable ». - Georges Cenci

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Cédric Jubillar, Omar Raddad ; retour de la mascarade.

[Courriel reçu de "Bertrand R." le 26 Septembre 2025.]

 

Que connaissez-vous - vous - simple citoyen, de l’ « Affaire Jubillar » ? LE sujet dont on vous parle déjà depuis des mois dans toutes les « Unes » des médias alors que le procès ne vient que de démarrer ?

Rien. Comme moi, comme tous exceptés les personnes proches du dossier d'instruction ; vous ne savez rien.

Exceptées les informations qui commencent à être rapportées de ce procès commencé depuis quelques jours et auquel plus de 300 journalistes sont accrédités. Des comptes rendus plus ou moins honnêtes, à l’image de leur rédacteur, parfois déjà partisan. Ou tout simplement prisonnier d’un système où l’argent prend le pas sur la déontologie ; où le but final est de vendre des journaux quotidiens, publier des livres, vendre du reportage télévisuel ou radiophonique, et les encarts publicitaires qui les polluent. C’est très rentable pour nos médias et les avocats peu scrupuleux, la publicité !

Se greffent à ce système de plus en plus pourri (la désinformation s’intensifie, boostée même aujourd’hui par l’Intelligence Artificielle !) les personnes qui gravitent depuis les faits autour des protagonistes : famille, amis, relations professionnelles, voisins, détectives ; mais aussi : avocats... Ils sont nombreux à parfois s’exprimer bien avant le procès sans réellement faire preuve d’honnêteté, sans respecter leur devoir de réserve, mais simplement fiers d’apparaître devant les caméras et d’être mis en lumière.

Et puis il y a souvent aussi des détenus qui bavardent beaucoup, et qui savent que leurs déclarations ; fantaisistes ou non ; seront plus ou moins fidèlement rapportées.

 

66 Millions de justiciers.

 

Mois après mois, de toutes ces prises de paroles plus ou moins farfelues, de toutes ces allégations plus ou moins solennelles, le peuple se nourrit et se forge malheureusement déjà une conviction alors que la réalité des faits n’apparaîtra que lors du procès, devant jurés (eux aussi déjà abreuvés de propagande) et juges, lorsque le dossier d’instruction sera exposé par les enquêteurs, et seront entendus dans leur domaine de compétence : experts psychiatres, psychologues et autres enquêteurs de personnalité… 

Chacun y va ensuite de son scénario, de son hypothèse. Le citoyen se prend pour un enquêteur, pour un juré, un juge ; sur les bases de mensonges, de paroles biaisées. Dans la plus stricte ignorance des faits souvent, des convictions apparaissent. La boucle s’auto-alimente…

Le rouleau compresseur médiatique et la vindicte populaire sont de retour depuis la disparition de Delphine Jubillar ; tout comme ils l’ont été en 1991 pour le meurtre de Ghislaine Marchal par Omar Raddad. Le point essentiel et commun entre ces deux affaires judiciaires ? Omar Raddad et Cédric Jubillar clament tous deux leur innocence depuis les faits. Et si Omar Raddad était présenté comme innocent. Cédric Jubillar, lui, traine une étiquette « coupable » dans son dos.

Pour chaque match de l’équipe de France de football, 66 millions de Français endossent la panoplie de sélectionneur national alors qu’un seul suffit. Il connait son métier et tout de ses joueurs. Il n’est nul besoin de 66 millions de justiciers. Trois magistrats et six jurés suffiront pour sceller l’avenir de Cédric Jubillar qui comparait - à ce jour - sous la présomption d’innocence.

Omar Raddad lui, demeure coupable.

Bertrand R.

 

Georges Cenci

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Thomas Conrié (*) Thomas Conrié (*) ·  08 octobre 2025, 08:01

(*Commentaire initialement posté sur notre Page Facebook)

Il est vrai que la médiatisation de ces affaires comme les deux citées ne participe pas a une Justice sereine, et ce ne sont pas les seuls exemples.
Christian Ranucci a pendant des décennies été présenté comme un innocent certain dans l'enlèvement puis le meurtre de la pauvre Marie Dolorès Rambla. Alors qu'en réalité le dossier ne fait pas le moindre doute, c'était bien lui. Zéro doute là dessus. Heureusement aujourd'hui grâce à des gens comme le regretté Gérard Bouladou, Jean-Louis Vincent, et un journalisme plus factuel, les choses ont changé.
Mais en attendant cette campagne innocentiste initiée par un Roman riche de plus de 200 erreurs du communiste feu Gilles Perrault a fait de très lourds dégâts. Une campagne dont le seul mobile n'était pas le cas de Ranucci dont Perrault (ou son copain Drach dont le film est encore plus fantaisiste avec des écarts incroyables avec la réalité) se fichait éperdument, mais le combat contre la peine capitale...des dégâts qui vont jusqu'au cas du jeune frère de la victime devenu deux fois criminel...
Aujourd'hui beaucoup de Vosgiens pensent encore que Christine Villemin a tué son fils puisque la presse locale martèle que les suspects objectifs du dossier sont innocents (mais c'est normal ce sont leurs avocats qui nourrissent cette presse sur toutes les affaires pénales de l'Est de la France…). Après avoir martelé quand il était possible de le faire juridiquement, c'est à dire avant l'arrêt de 93 l'innocentant, que cette pauvre maman avait tué son fils.
Luc Tangorre, Pierre Goldman et quelques autres ont bénéficié du Tribunal médiatique qui - qu'on le veuille ou non - n'est pas la Justice.
Un Tribunal médiatique qui ne comprend pas par exemple que quand Mme Sauvage tue dans le dos son mari, la Justice fait son devoir en reconnaissant l'assassinat et non la légitime défense, et elle le fait aussi quand elle donne une peine minime pour un crime passible de la perpétuité, reconnaissant ainsi le calvaire de cette pauvre femme qui est indéniable. Et de très larges circonstances atténuantes.
Mais non, le Tribunal médiatique a voulu une Justice parallèle où on n'applique pas le Code Pénal.
Le seul bémol que je mettrais dans vos propos sur Jubillar est que ses avocats se sont largement servis de la presse locale pour déplacer l'instruction dans ces médias. Des médias locaux lus par toute la population locale dont font partie les jurés tirés au sort.
Nous verrons bien le verdict et si les Jurés ont une intime conviction nourris par ce procès dans lequel la défense aura tenté de faire émerger des doutes, mais aussi de cette presse locale où la thèse de l'innocence a eu droit de cité, et la presse nationale qui - c'est vrai - quasi unanimement présente Jubillar comme un coupable.
D'un point de vue très juridique ces zones de doute existent c'est indéniable, a commencer par l'absence de corps et de toute preuve de meurtre. Il n'y a que des petits indices et bien sûr le mobile.
A titre personnel si j'étais juré, je penserais que c'est lui, mais j'aurais l'honnêteté de me rappeler que j'en serais convaincu à 95%. Et que donc mon serment du Juré m'impose de l'acquitter en vertu de ces 5% manquants pour l'intime conviction.
Il y a selon moi de réelles chances sans que cela soit sûr, pour que ce type soit acquitté ce qui va scandaliser la France entière… Mais dura lex ses lex.
Le Parquet fera appel sans doute avec les mêmes observations que ce post…
Et in fine il sera peut être acquitté.
Et cette affaire ne sera jamais élucidée, comme l'affaire Suzanne Viguier.
Car le point commun entre Omar Raddad Viguier et Jubillar, c'est qu'à part eux on ne voit pas qui.... Et il n'y a jamais eu d'investigations après la condamnation de Raddad malgré le remue ménages de ses défenseurs qui savent qu'il n'a rien a perdre à demander une révision, mais tout a gagner avec de substantiels dommages et intérêts (et bien enrichir ses avocats qui savent sans doute parfaitement que leur client est… coupable)…. Il n'y en a jamais eu après l'acquittement de Viguier. Et il n'y en aura jamais après le possible acquittement de Jubillar.
L'autre bémol que je mets dans l'Affaire Raddad est que sa défense a fait le choix de la politiser en la présentant comme la nouvelle affaire Dreyfus avec un maghrébin prenant la place d'un Juif. Me Vergès paraît il ne bossait pas ses dossiers mais reconnaissons lui d'avoir réussi son coup du strict point de vue médiatique et seulement médiatique. Car ce qui marche dans les médias ne fonctionne pas devant un Tribunal….

Ederzito Ederzito ·  03 novembre 2025, 21:52

Bonjour,

« Devais-je lui demander de reconnaître le corps de sa mère, égorgée, éventrée, lardée de multiples coups d’arme blanche, tout ensanglantée, les yeux figés par la mort ! Je me suis refusé à ce qu’il puisse voir le corps de sa mère dans cet état.«

Je pense, après avoir consulté tant de récits, d’avis contraires que rien ne semble totalement faux.
Que peut-on jurer si la femme trouvée assassinée était la véritable Madame Marchal alors qu’elle n’était pas formellement identifiée ? Si elle n’avait aucun signe particulier, aucun groupe sanguin par exemple extraordinaire, pas de prothèse dentaire, pas d’opération subie documentée dont le médecin légiste aurait pu attester, etc.
En 1991, le crime monstrueux pour cacher un autre… en aurait-on pensé ? Certainement.
Mais je ne trouve nulle part cette question.

Pourquoi était-on empressé de l’incinérer ? Ce détail est frappant.
Rien ne se confirme, tout se dément, tout le monde fouille, enfin ça me fait craindre l’intérêt d’un crime qui cache un autre.

Robin Robin ·  07 novembre 2025, 21:25

Ederzito, vous dites : "que peut-on jurer si la femme trouvée assassinée était la véritable Madame Marchal alors qu’elle n’était pas formellement identifiée ?"
Si je peux me permettre, vous regardez probablement trop de films. Monsieur Cenci vous en dira peut-être plus sur ce point, mais vous vous doutez bien que Mme Marchal a été formellement identifiée. Le fait que l'on épargne à son fils ce spectacle n'empêche pas une identification formelle par d'autres moyens. C'est tout à l'honneur de Monsieur Cenci d'avoir pris cette décision, d'ailleurs.

Quant à "l'empressement" à vouloir incinérer Mme Marchal, je vous invite à parcourir plus attentivement le site, ainsi que le livre, de Monsieur Cenci, qui a déjà répondu à peu près 3500 fois à cette question. Il n'y a pas eu d'empressement, tout a été fait dans les règles, et selon la volonté de Madame Marchal.

"En 1991, le crime monstrueux pour cacher un autre… en aurait-on pensé?"
À quoi faites-vous allusion ? Quel serait donc le véritable crime ?

Georges Cenci Georges Cenci ·  14 novembre 2025, 16:19

M. Ederzito. Mille excuses d'avoir Zappé votre commentaire mais des évènements personnels m'ont empêché de répondre dans un délai raisonnable.
Je maintiens la décision que j'avais prise de ne pas demander à Christian Veilleux (le fils de Ghislaine De Renty) s'il reconnaissait le cadavre que nous avions découvert dans le sous-sol de la Chamade. D'ailleurs avec tous les éléments factuels du dossier que nous avions même les avocats de la Défense n'ont jamais soulevé un quelconque questionnement. Deux éléments sont suffisamment probants pour ôter toute ambiguïté sur cette question de l'identification : La montre Cartier découverte près du cadavre appartenait à Mme De Renty et l'autopsie a permis aux médecins légistes d'attribuer la prothèse dentaire à pivot (découverte aussi près du corps) à la dentition de cette personne. Pas de complot mon cher Ederzito !
Quant à l'incinération veuillez pour plus ample informé vous reporter à la rubrique QUESTIONS/REPONSES vous aurez mes explications.
Bien cordialement.

Emily41 Emily41 ·  15 novembre 2025, 15:55

Bonjour en regardant les photos je me suis demandée si vous savez à quoi mène l'escalier extérieur (côté piscine) il semble y avoir une pièce à vivre ou quelque chose sous la terrasse.
Avez vous pu "visiter" cet endroit ?
Cordialement .

Georges Cenci Georges Cenci ·  26 novembre 2025, 10:47

@ Emily41. L'escalier extérieur dont vous faites état dessert l'ensemble du jardin paysagé, un grand vide sanitaire et une salle de tennis de table libre d'accès.
Bien sûr nous avons visité ces espaces qui n'ont aucun lien avec le meurtre de Ghislaine Marchal.
C'est d'ailleurs par ce vide-sanitaire qu'une photo a été prise par une petite aération donnant sur la scène de crime. Cliché œuvre d'un certain KERR prétendument grand reporter à Paris-Match ou un de ses photographes (voir Paris-Match du 18 juillet 1991). Nous avons rédigé un procès-verbal suite à notre saisine par le Parquet de Grasse où, en conclusion, nous mentionnions que des poursuites pouvaient être exercées pour violation de domicile et violation du secret de l'instruction. (PV 1529 du 24 juin 1991).
Bien évidemment aucune suite n'a été donnée.
J'espère avoir répondu à votre question.
Bien à vous.

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